Châteauneuf les Martigues – Les Trabaques

Posté le 2 octobre 2016 | Commentaires fermés

Les trabaques, une histoire de traditions

Institution depuis des décennies, la pêche dans l’étang de Bolmon est interdite par arrêté depuis l’an 2000, mais une vieille tradition subsiste encore et toujours chaque année : le tirage au sort des trabaques. «Cette tradition date depuis 1763, année où une transaction entre la commune de Châteauneuf et Marianne de Seytre Caumont accorda le droit de pêche aux châteauneuvais, droit qui se perpétuerait tant qu’un châteauneuvais désirerait pêcher» explique Jean Claude Cordero, dont le père, le grand-père et l’arrière grand-père pêchaient déjà sur le Bolmon, et de poursuivre «ce fut une histoire compliquée, mais au terme de plusieurs procès, le tribunal de Nîmes conforta en 1950 la ville de Châteauneuf sur son droit de pêche, nonobstant que le jour où on ne tirerait plus au sort, l’étang reviendrait à son propriétaire actuel (en l’occurrence le conservatoire du littoral) qui pourrait en disposer comme bon lui semble».

Mais ces fameuses trabaques, c’est quoi au juste ? Les trabaques sont des filets capturant toutes sortes de poissons (muges, anguilles, cabassons, favouilles…) mais ce sont principalement les anguilles qui sont recherchées, à l’époque conservées vivantes dans des viviers et exportées vers la Hollande ou l’Italie. Posées en travers de l’étang, contre la terre ou la digue, les trabaques sont constituées d’un filet longitudinal aboutissant sur un grand triangle dont chaque pointe se prolonge par une queue de filet conique, de plus en plus étroite et dans laquelle vient s’enfermer le poisson. Il ne reste alors plus qu’à soulever la pointe et vider le filet.«Chaque trabaque est conçue pour un emplacement précis, tout est mesuré et calculé. A l’époque, le plus fort pour les faire était sans contexte Albert Mistral. Tous ses filets «pêchaient», les deux derniers excellents pêcheurs et fabricants de filets restant pour leur part Paul et Esprit Delena» se souvient Jean Claude. Aujourd’hui, un nouveau pêcheur devrait réaliser lui-même son filet, et les secrets de fabrication, ça ne se dévoile pas.

Car hormis le fait que l’on ne pêche plus aujourd’hui «et j’ai bien peur que l’on ne pêche plus jamais, je n’y crois plus» se désole Jean Claude, obtenir le droit de pêche nécessite de remplir plusieurs conditions : habiter la commune depuis plus de cinq ans, y voter et y payer ses impôts. Une demande d’inscription est alors adressée à la mairie, qui convoque le demandeur pour le tirage au sort traditionnellement effectué au cours des fêtes du patrimoine, en présence du maire, d’élus, des demandeurs et de curieux, cérémonie au cours de laquelle est énoncé tout l’historique des transactions jusqu’au tirage au sort proprement dit. Une cérémonie qui se doit de continuer afin de perpétuer la mémoire et les traditions transmises par nos anciens.

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