Martigues

Posté le 13 juin 2015 | Commentaires fermés

Entre ciel et mer… Martigues par-dessus et dessous les ponts !

Tout le monde connaît la Venise Provençale. Et qui dit Venise, dit canaux, et cela finit par ponts ! Du pont levant jusqu’au viaduc ferroviaire, plusieurs ponts et passerelles relient entre eux les différents quartiers de la ville. Intéressons nous à deux d’entre eux, parmi les plus symboliques.

Ouvrage architectural et mécanique remarquable, le viaduc ferroviaire permet à la ligne à double voie Miramas – L’Estaque de franchir le Canal de Caronte reliant l’étang de Berre à la mer Méditerranée. De construction métallique de près de 1 kmde long, il a été construit en 1915 et surplombe le canal à près de 25 mètresau dessus de l’eau. Cette hauteur ne permettant pas le passage de navires importants, la partie centrale du viaduc a été montée sur un axe pivotant, afin de laisser passer la circulation maritime. Ce viaduc est un spécimen exceptionnel d’architecture ferroviaire. Il s’agit d’un pont-treillis en acier monté sur piles en maçonnerie, d’une longueur de972 mètres. Il comporte 12 travées se décomposant comme suit : huit travées de 82,50 m, deux travées centrales de 57,20 m et deux travées de 51,2o m.

Les deux travées centrales sont constituées d’un bloc-treillis de114 mètresde long capable de pivoter sur la pile médiane, de manière à libérer le passage pour des navires dont le tirant d’air dépasse 20 m. La hauteur libre sous poutre est en fait de23 mètres.

Les huit travées de 82,50 m, solidaires deux par deux, sont constituées par quatre poutres, une sous chaque file de rails, pesant 10,67 tonnes par mètre. L’ossature des travées de 51,20 m est identique, mais son poids n’est que de 6,89 tonnes par mètre. Les poutres trapézoïdales de la partie tournante sont hautes de 13,40 m au droit de la pile et de 7,60 m à leurs extrémités. Le poids de cette travée était à l’origine de 1 513 tonnes, dont 400 pour les mécanismes.

L’ouverture qui demandait 5 min 7 secondes était obtenue par l’action de quatre pignons dentés, engrenant une crémaillère circulaire, mus par le même arbre et reliés entre eux par des différentiels. Des dispositifs spéciaux assuraient le calage et le verrouillage, deux moteurs à essence de 100 chevaux (un seul était utilisé en marche normale) commandant les mécanismes de rotation et de calage. Celui-ci fait, un moteur à air comprimé effectuait l’éclissage des rails. La commande des manœuvres, à partir d’un poste installé dans le tablier au-dessus de la pile, était enclenchée avec celle des signaux couvrant le pont…. Construit en 1914, il fut dynamité en septembre 1944 par l’armée allemande et fut rendu à la circulation fin 1946, avec une travée levante provisoire, puis reconstruit en 1954 par la même entreprise qui l’avait originellement construit, la société Schneider, avec pose d’une travée tournante, comme avant la destruction..

Le pont levant, quant à lui, permet aux voiliers, gaziers, pétroliers et chalutiers de sortir de l’étang de Berre et, par le canal de Caronte, de rejoindre la mer. Martigues est la seule ville traversée par de si gros bateaux ! A chaque fois un beau spectacle, permettant de faire patienter 20 minutes les riverains et automobilistes avant de pouvoir circuler. Cet ouvrage a été construit afin de remplacer le pont tournant de 1929, au dessus du canal de navigation. Les travaux débutèrent en 1959 pour s’achever en 1962. Ce pont s’ouvre en son milieu en deux parties, par une manœuvre électrique commandée d’une maison pontière installée à proximité, dans le quartier de l’Ile. Il s’ouvre moins souvent que le vieux pont tournant, grâce à sa hauteur sous lequel peuvent passer les péniches ( 5,80 mètres de tirant d’air ). Situé sur un emplacement distinct de l’ancien pont tournant, à l’entrée du chenal, le pont levant a dévié la circulation hors des vieux quartiers.

 

Didier Casali.

 

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